jeudi 26 juin 2008

NOTRE BÉBÉ MIRACLE !
Ci-dessous, vous pourrez lire l'histoire de la naissance de Félix. Cet article a été écrit suite à la demande d'une maman d'Europe qui veux écrire un livre sur des faits vécus de parents d'enfants prématurés. Elle m'avait contacté pour que je puisse participer à l'écriture du bouquin; ce que j'ai accepté aussitôt. Alors bonne lecture et laissez-moi vos commentaires, c'est intéressant de savoir ce que vous en pensez !! Merci !

Je suis une jeune maman qui a eu un grand prématuré, né à 26 semaines. Mon nom est *4oumayou*. J’ai eu mon enfant à l’âge de 23 ans et je suis secrétaire. Moi et le papa, qui se prénomme *leKing*, vivons à *** (Québec, Canada). Je vous raconterai l’histoire qui nous a marqué à vie, celle qui nous donnera la crainte d’avoir un autre enfant; c’est celle de notre fils Félix et voici l’histoire du combat de sa vie, ou plutôt, celle de sa survie.

Quand moi et mon conjoint avions décidé d’avoir un enfant, nous ne savions pas que ce serait si difficile. À entendre parler les gens autour de nous, il suffit de le demander et il va arriver. J'ai dû traverser plusieurs stades avant de réussir à être enceinte. Tout d’abord, je dois prendre des hormones pour provoquer mes ovulations. Alors, nous pouvons craindre une grossesse multiple mais nous sommes prêts à prendre le risque et décidons de continuer. Après 2 essais, nous avons la nouvelle que je suis enceinte. Quelle joie de pouvoir porter un petit être en sois. Nous sommes d’autant plus heureux car ce poupons doit naître à la fin décembre 1999. Nous croyons donc avoir une chance d’être dans la course pour avoir le bébé du millénaire. Mais cette joie ne durera pas longtemps car je fais une fausse-couche à la 10e semaines de grossesse par ce que le fœtus avait arrêté de se former. Nous devons donc nous relever les manches et réessayer. Avec une chance des plus formidable, je suis enceinte après le premier mois. Cette fois, je me suis promis de faire vraiment attention pour ne pas perdre celui-ci.

Au cours des premiers mois, tout se déroule bien. Tout mon entourage fait en sorte de m’aider pour éviter que je force trop pour ne pas perdre mon bébé. Comme tous les parents, on se fait une joie de choisir un prénom de chaque sexe étant donné que nous ne le savons pas encore et on passe des heures à discuter de la façon dont on aimerais que la naissance se déroule. On espère que le travail ne sera pas trop long et trop difficile et on a hâte au moment où l’infirmière ou le médecin dépose ce petit choux sur le mon ventre pendant que papa lui coupe le cordon. Bref, nous nous amusons à faire un peu son plan de vie et de naissance. La date prévue de l’accouchement est le 1er avril 2000, alors la famille est les ami(e)s s’amusent bien à nous dire qu’on va avoir un poisson d’avril à la naissance ! À la 19e semaine, nous apprenons que nous aurons un garçon. Au moment au j’ai su que c’était un garçon, je savais quel serait son nom, je le ressentais en moi, c’est amusant car le nom de Félix ne faisait pas partie de notre liste de nom qu’on avait choisi au préalable. Un peu comme si une force en moi me dirigeait vers ce prénom.

Nous somme présentement rendu à la fin décembre 1999. Plus précisément, nous sommes le 30 décembre 1999 en début de matinée. J’ai mal au ventre. C’est très désagréable et je sens que mon bébé est très agité. Moi et mon conjoint décidons donc d’aller à l’hôpital pour vérifier si tout est normal. On me mets donc en observation avec le moniteur pour voir si c’est des contractions. On peut entendre que le bébé est très agité, mais on ne perçoit presque pas de contractions. On me renvois donc à la maison en me disant que les douleurs que je ressens doivent être seulement causé par l’agitation du bébé, qu’il doit pousser dans ma vessie. Je confie alors à mon conjoint que si ce que je ressens n’est pas des contractions, je n’ai pas hâte de connaître la douleur des contractions pour l’accouchement.

Tout au long de la journée du 31 décembre 1999, je ressens des pressions dans le bas du ventre et Félix bouge toujours autant. Ce soir, comme à l’habitude, nous allons fêter l’arrivée du nouvel an chez la parenté. Plus la journée avançait, plus j’avais mal et j’avais de la difficulté à marcher. Au cours de la soirée, j’ai eu des pertes vertes, c’est alors que j’ai réellement commencé à me faire du souci. Mais comme je ne voulais pas manquer l’arriver du nouveau millénaire à minuit, j’ai décidé d’attendre avant d’aller à l’hôpital. Nous sommes arrivé à la maison vers 2 h 30 le matin, soit le 1er janvier 2000. Malgré ma grande fatigue, je n’ai jamais réussi à fermer l’œil. J’avais trop mal au ventre. J’ai donc averti mon conjoint que si les douleurs n’arrêtait pas, je devrai me rendre à l’hôpital. En me levant du lit, j’ai perdu mes eaux. Il était alors 5 h 15 du matin. Arrivé à l’hôpital, c’est le Dr Lebrun de l’hôpital de *** qui m’a aidée. Elle m’a alors dit que c’était des contractions et que j’allais sûrement accoucher, mais pour ça, je devais être transférée en ambulance à l’hôpital Ste-Justine de Montréal (hôpital pour enfants très réputée), ce qui représente environs 1 heure de route.

Pendant tout le trajet, mes contractions continuaient, c’était très douloureux. Malgré la médication que j’avais eu pour faire arrêter les contractions, rien ne s’arrêtait. Je commençait a être réellement inquiète, et ma famille aussi. Je ne pouvais pas accoucher, j’avais seulement 26 semaines !! Chose certaine, c’est que je ne voulais pas perdre mon enfant. Finalement, après 3 poussées, soit 4 minutes plus tard, notre petit Félix voyait le jour. Il était alors 23 h 49 le 1er janvier 2000. Il pesait 1005 grammes (2 lbs 3 oz) et mesurait 13¼ pouces. Nous avons donc, malgré nous, eu notre bébé le premier jour du nouveau millénaire. Mais notre rêve de voir notre enfant se faire déposé sur mon ventre après la naissance pour le cajoler et regarder s’il avait tous ses morceaux s’est vu s’effondre. Il m’a été déposé sur le ventre pour couper le cordon et reparti à une telle vitesse, que je n’avais même pas eu le temps de voir s’il était « normal ». Il était aussitôt amené aux soins intensifs pour se faire intuber, se faire donner de l’oxygène et aussi pour commencer la bataille de sa vie. Ce fut très déchirant de ne pouvoir prendre le temps de l’examiner et de lui souhaité la bienvenue parmi nous. Nous avons alors été plongé dans une attente interminable pour pouvoir le voir. On a eu la permission de voir notre fils seulement vers 2 ou 3 heures le matin du 2 janvier 2000, soit près de 4 heures après sa naissance. Enfin ! quel soulagement de pouvoir compter ses doigts, ses orteils, ses bras et ses jambes et de lui souhaiter bonne chance pour le combat qu’il va mener pour quelques semaines, combat que nous mènerons près de lui, jour après jour, à ses côtés.

Je dois d’abord vous dire que Félix est beaucoup plus chanceux que d’autres enfants comme lui. Bon, il a un cathéter dans le nombril, des tubes dans le nez pour l’oxygène et une ouate sur son pénis pour recueillir son urine, mais pour le reste, tout semble normal, pour l’instant. Voici comment c’est épeurant de voir son enfant ainsi.
Par la suite, le 4 janvier 2000 on apprend que Félix avait un poumon d’affaissé, mais que tout est revenu dans l’ordre au cours de la journée. Ce pauvre petit n’a que 3 jours et il se bat pour surmonter les obstacles que lui donne déjà la vie. Son poids à beaucoup diminué. Ce matin il était de 855 grammes et cet après-midi il est de 830 grammes. Il a une jaunisse, mais rien ne nous inquiète dans la jaunisse car presque tous les enfants en on une à la naissance.

Pour nous, ses parents qui le voyons à tous les jours à l’hôpital dans son incubateur (sa couveuse) on peut avoir confiance qu’il va bien s’en sortir, mais pour notre famille qui n’a pas accès à la salle des soins intensifs, se fut une période de questionnement et d’inquiétude. Comme son poids ne faisait que diminuer, tout le monde ne pouvait faire autrement que de s’inquiéter. En date du 8 janvier 2000, soit une semaine après sa naissance, Félix est arrivé à son poids le plus bas. Il à a ce moment pesé 790 grammes. Il n’étais pas plus lourd qu’une livre de beurre. Ce fut très difficile pour nous de le voir ainsi.

Parmi tout ce temps, nous n’avons pas pu encore prendre notre fils dans nos bras. Mais la bonne nouvelle fut annoncé le 23 janvier 2000 que nous pouvions le prendre en méthode kangourou à raison de 30 minutes chacun. La méthode kangourou est la façon de prendre l’enfant collé contre la peau de notre torse, l’enfant et le parent nu.

Au début du mois de février, Félix s’est promené entre les soins intensifs et les soins intermédiaire. Donc on avait une surprise presque à chacune de nos visites. Le 8 février 2000 Félix a cessé de recevoir de la caféine car il ne fait plus de bradycardie ou apnée depuis le 25 janvier, ce qui est une très bonne nouvelle. Pendant le mois de février, son taux d’oxygène n’était pas stable, alors des fois il avait la lunette dans le nez et d’autres fois le sac sur la tête. Mais en date du 27 février 2000, nous avons reçu un appel de son infirmière pour nous annoncer que notre fils serait transféré dans l’hôpital de notre région, soit à 10 minutes de la maison. Alors quelle journée formidable. Nous avons donc pu faire une magnifique surprise à toute la famille pour qu’il puisse venir voir notre « petit miracle ».

L’aventure de Félix dans l’hôpital de la région n’a pas toujours été rose. Nous devions nous battre pour faire en sorte que la lumière de la pouponnière soit éteinte afin de ne pas éclairer les yeux de Félix (car il pourrait devenir aveugle). La période à cet hôpital a vraiment été difficile pour moi car je l’allaitait. Je n’ai pas réussi à faire cet exploit longtemps car il avait encore beaucoup de difficulté à téter. Donc, le 5 mars j’ai pris la déchirante décision de cesser l’allaitement. J’ai eu alors l’impression de perdre quelque chose d’important ou encore de mal jouer mon rôle de mère. J’avais déjà beaucoup de sentiments de culpabilité face à sa naissance qui, jusqu’à maintenant, demeure encore une raison inconnue.

Finalement, le grand jour de fête est arrivé. Notre poupon va pouvoir entrer à la maison avec nous après avoir passé 2 mois et 1 semaine dans les hôpitaux. Cette joyeuse date est le 7 mars 2000. Son poids est alors de 2 kilos 221 grammes. C’est encore petit, mais il a fait de très gros efforts pour en arriver là. Nous sommes si fier de lui. Il à seulement 3 mois de vie et déjà il a accompli de plus grand combat de sa vie. Mais nous savions que pour y arriver, il devait nous savoir présent, près de lui, ce que nous avons fait tout au long de son hospitalisation.

Maintenant Félix est âgé de 2½ ans. Il aura donc 3 ans le 1er janvier 2003. Sa santé est bonne. Il est un garçon, donc très cascadeur. Il a eu une phase très agitée vers 1 an. Il faisait des crises de colères sans raison à tout moment. Heureusement, ces mauvaises manies sont disparues. Il reste toujours un peu plus agité, mais on réussi quand même à bien le contrôler, on a pu remarqué un grand changement depuis qu’il a deux ans. Maintenant, il nous reste la crainte de l’école, à savoir s’il aura un déficit d’attention ou s’il sera hyperactif. Mais comme on dit, vaut mieux prendre les jours un à un afin de surmonter la colline quand elle se présentera à nous.

Je veux donc passer un message d’espoir aux parents d’enfants prématurés, et grand prématuré comme le nôtre. Il ne faut pas perdre le courage, même si ces poupons sont tout petits, ils savent ce qu’ils doivent faire pour rester en vie. Ils ont seulement besoin de se sentir soutenu et aimé. En tant que maman aussi vous devez garder beaucoup de soutien autour de vous et de raconter toutes les craintes que vous vivez, cela vous aideras à mieux passer au travers. Dans mon cas, je considère que je suis « marquée au fer rouge » par cette expérience. Ça m’a pris deux ans avant d’être vraiment certaine que je voulais un autre enfant. Maintenant, je suis prête à prendre le risque d’avoir un autre prématuré à ma prochaine grossesse, mais tout ce que je peux souhaiter, c’est que si c’est pour être un grand-préma comme Félix, je voudrais que tout ce déroule de la même façon qu’à lui…ou mieux, la grossesse rêvée de toute, celle d’un accouchement à 40 semaines !

Enfin, je souhaite dire merci à tout le personnel de l’hôpital Ste-Justine de Montréal. Je vous laisse sur quelques photos de Félix à différent stade jusqu’à aujourd’hui. Bonne chance à tous les parents dans la même situation !!!! Gardez courage !
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Maintenant, en 2005, Félix a 5 ans. Il a été déclaré officiellement hyperactif avec déficit d'attention à la fin 2003; mais c'est un moindre mal si on le compare à d'autre grand prématuré.
Depuis toute cette histoire, ma nouvelle philosophie de vie est qu'il n'y a jamais rien qui arrive pour rien. Je suis convaincue qu'un jour je vais trouver la raison à tout ça.
Prenez soin de vous !